Faire
Comme l'eau ou le sable s'échappe des mains jointes
La vie passe à travers nous, sans prise
J'ai arrêté d'essayer de convaincre
J'ai abandonné, laissé tombé
Je mes faces s'effacent
S'estompent
Je disparais chaque jour un peu plus, imperceptiblement, inexorablement
Même si je rêve encore dans un dernier sursaut,
de revenir au temps ou mon écran était en police verte sur fond noir
Sans autre forme de graphisme
Ou tout se clarifiait d'un oui ou d'un non
Une suite absconse/abstruse de 1 et de 0
Sans justification,
Comme un ultime feu d'artifice
J'ai admis qu'il ne me reste que peu à vivre
Alors j'épure
Je ralenti pour faire durer
Je me déleste pour m'alléger
Du peu de prétention qu'il me reste
J'ai arrêté d'essayer d'appréhender une vérité/perfection qui m'échappe et qui toujours insoumise s'évade,
quand je crois pouvoir la mettre en cage
pour la garder ou l'exhiber
Je chéri encore cette étincelle qu'il me reste
Faire de mes chapelets de mots
Des ruisseaux de joyaux étincelants
Un jour peut-être
Ou pas
Ce n'est plus important, ne l'a jamais été en fait
Elle nourrit ma vie et c'est l'essentiel
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